Le retour au travail                                                       

Lorsqu’un burnout amène à une situation d’épuisement sévère, un arrêt de travail s’impose avec une coupure totale avec l'entreprise. De quelle durée ? 

Certains s'arrêtent 15 jours, d’autres 1 mois, 3 mois, 6 mois voire plus. Mais quels sont les éléments qui vont permettre au médecin et à la personne concernée de savoir qu’elle est prête à retourner travailler ?

 

Les éléments déterminants de cette décision sont l'énergie physique et le bien-être psychologique. Le retour au travail nécessite de récupérer un seuil d’énergie suffisant afin de pouvoir à nouveau se mobiliser aussi bien physiquement que psychiquement. Ce seuil est propre à chaque individu . Lorsque la personne atteint ses limites, il lui faudra en tout premier lieu sortir son corps de l’état d’épuisement dans lequel il se trouve. Cet épuisement se manifeste souvent à travers la maladie ou des troubles physiques divers et il s’agira donc de soigner ce qui doit l’être au travers d'approches psycho-corporelles ou médicale.​

L'épuisement professionnel affecte souvent également la confiance du collaborateur dans ses propres capacités, son estime de soi et peut avoir des répercussions sur la sphère familiale. L'accompagnement psychologique pour préparer le retour s'avère souvent nécessaire afin de:

  • désensibiliser les croyances négatives, apaiser les émotions envahissantes

  • désensibiliser les souvenirs perturbants des situations dans lesquelles le collaborateur s'est senti vulnérable

  • renforcer la confiance en soi et les ressources

  • enseigner, le cas échéant, de nouvelles compétences comportementales pour mieux faire face aux exigences de l'environnement professionnel (ex: affirmation de soi, gestion du stress)

La préparation du retour est donc un élément indispensable et le choix du timing pour ce dernier, particulièrement important, sera fait en concertation avec le psychologue ou le psychiatre. Un retour prématuré, pas assez préparé ou dans un environnement professionnel toxique risque très probablement de favoriser la rechute (à court ou à long-terme), avec des conséquences particulièrement dommageables et durables pour l'estime et la confiance en soi du collaborateur et la suite de sa vie professionnelle

Revenir dans l’entreprise qui vous a vu (et parfois laissé) sombrer n’est pas une situation facile. Souvent, les personnes qui ont fait un burn-out sont en colère contre leur entreprise et peuvent ressentir sentiment de honte, d’être celui qui a craqué, qui n’est pas aussi fort que les autres. Réintégrer une personne victime d’épuisement professionnel ne s’improvise pas.  Si le salarié revient dans l’entreprise et que rien n’a changé dans son poste, dans l’organisation du travail ou la pratique managériale, il y a un risque important de rechute. 

Les managers ont ainsi un rôle prépondérant au moment de la réintégration dans l’entreprise avec l’encadrement des ressources humaines et les professionnels de la santé au travail.  Le retour au travail du collaborateur peut ainsi se faire en douceur en adaptant temporairement ou non ses conditions de travail et en proposant des solutions aux problématiques liées au contexte organisationnel ou managérial.  Aborder le syndrome du Burnout, c’est souvent aussi aborder l’organisation d’une entreprise et en faire remonter les difficultés. Cela nécessite parfois d'instaurer un nouvel équilibre et de passer à l'action. Ces changements seront assurément bénéfiques pour tous les acteurs sur le long-terme et par conséquent pour la vitalité et la productivité de l'entreprise. 

Lorsque l’arrêt de travail se prolonge il est normal de voir survenir la peur du retour au travail c'est-à dire,  l'anxiété d'anticipation. Faire diminuer cette appréhension à un niveau minimum grâce à des techniques spécifiques permet au collaborateur un retour en douceur sur le lieu de travail. Toutefois c'est le retour lui-même qui permettra de dissoudre totalement cette appréhension et témoignera ainsi du rétablissement complet du collaborateur. En effet, c’est par l’immersion progressive ( à 30, 40, 50% du temps de travail précédent) dans le milieu qu’elle va pouvoir tester les nouvelles stratégies apprises et affiner la prise conscience des changements qui lui sont nécessaires. Elle se confrontera ainsi à la réalité de son quotidien équipée de nouvelles ressources pour pouvoir gérer sa vitalité au travail et les difficultés rencontrées tout en étant accompagnée par le psychologue. 

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